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Saint-Paul à travers la Grande Guerre (1914-1918)
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SAINT-PAUL à travers la Grande Guerre (1914-1918)
L’association « Mémoire et Patrimoine » de SAINT-PAUL a voulu remettre à l’honneur les noms de ceux qui sont inscrits sur le monument aux Morts de la commune (Morts pour la France à la guerre de 1914-1918).
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Nous voulons en connaître un peu plus sur leur tragique destinée… Nous leur devons bien ça !
Il est déjà tard pour se remémorer ou rechercher cette période de notre histoire. Nous n’avons plus de témoins. Le dernier poilu de Saint-Paul, Monsieur Célestin CHARLES des Faverges est décédé en 1985. En cette année 2008, la Nation a rendu hommage au dernier poilu de la France entière. Néanmoins, beaucoup de souvenirs demeurent chez nos anciens d’aujourd’hui, transmis par leurs parents qui ont relaté maints épisodes douloureux qu’ils avaient vécus sans jamais se plaindre malgré leurs blessures et sans compter les décès prématurés de ces combattants de 1914-1918.
Nos 92 disparus de notre commune suffisent à eux-mêmes pour redire l’ampleur du désastre… Pour cette guerre 14-18, la moyenne des morts de notre département affiche 4% de la population ; pour notre commune, ce chiffre s’élève à 7,5%, Saint-Paul comptait à cette époque 1200 habitants.
Nos poilus sont tous (ou presque) paysans ou fils de paysans. Ils ont entre 20 et 40 ans, frappés dès les premiers mois du conflit parmi les régiments de fantassins. A Noêl 1914, il manque déjà 32 de nos compatriotes ! Nous savons que 900 soldats français mourront chaque jour durant les 4 années de cette première guerre mondiale. Plus près de nous, par comparaison, imaginons aujourd’hui si 13 hauts- savoyards étaient tués chaque jour sur nos routes et ce pendant 1560 jours ! Insupportable !…
La petite histoire locale rejoint souvent la « grande » dans ce que vous allez découvrir, ne serait-ce que par des noms tristement célèbres : La Marne, Verdun, la Somme, le Chemin des Dames, les Vosges, l’Alsace, l’Orient, … |
Une vingtaine de pères de famille laissent veuves et orphelins, des parents morts de chagrin, des anecdotes émouvantes connues par ceux qui en sont revenus… Pour couronner le tout, notons qu’à Saint-Paul, la grippe espagnole fera une dizaine de victimes à l’automne 1918.
Ce samedi 1er Août 1914 (Jour de la mobilisation générale), Joseph BLANC de Coppy et son épouse Geneviève VIOLLAZ verront partir leurs 5 fils…(2 d’entre eux seront tués, 2 autres blessés et 1 seul rentrera sain et sauf).
Neuf familles perdront deux garçons morts au combat et parmi celles-ci, citons plus particulièrement Joseph REBET et sa femme Félicie DUCRET qui verront mourir leurs 4 fils ! Effroyable !… D’ailleurs, dans ce quartier de Praubert (côté sud de la voie), 8 jeunes san-poulans ne rentreront pas, tout comme les 11 de Chez Thiollay ou encore les 6 des Faverges !
On ne comptera pas le nombre de maisons qui fermeront leur porte et les situations de famille bouleversées.
Que dire du destin de Joseph PEILLEX (dit Yoyon) de Roseires-Haut qui, incorporé au 3ème régiment d’Infanterie Coloniale est prêt à embarquer à Toulon en Février 1916 pour l’Armée du Moyen-Orient ! « A la bonne heure », il reçoit un télégramme des siens lui annonçant la naissance de jumeaux (Isidore et Joseph), ce qui permettra à leur papa de ne pas partir pour Salonique ! Cet « événement » ne l’empêchera pas d’avoir plus tard les pieds gelés dans les tranchées ! L’histoire serait banale si ce n’est que le paquebot « Le Provence II » sur lequel devait monter Yoyon fut torpillé corps et biens par un sous-marin allemand en Mer Egée ! En aparté, Joseph, l’un des jumeaux mourra en Pologne de la déportation en 1945. |
Le Maire de notre village, François BURQUIER avait la triste tâche d’avertir les familles endeuillées. Ce rôle était aussi dévolu au garde champêtre. Au fil des mois, Paul COLLOMB était devenu « le corbeau ». Les allers et venues de nos 2 hommes étaient très suivis afin de connaître la maison où ils allaient frapper… Ils n’avaient pas même besoin de parler, la famille avait déjà compris… Ainsi, circulait l’information…
Le 11 Novembre 1918, à 11 heures, le receveur des postes de la commune viendra avertir les instituteurs de la signature de l’Armistice. On donnera immédiatement congé aux élèves et les cloches de l’église se mettront à sonner comme dans toutes les églises de France. |
Aujourd’hui, des informations locales et nationales, des photos, des lettres de nos combattants, des messages de leurs enfants nous sont présentés. Des objets, des revues nous font revivre Saint-Paul à travers la Grande Guerre.
14 juillet 2008
Le Président,
Georges MICHOUD |
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